Jour 4 : Brume mystique, virages intenses et l'accueil légendaire de Shelburne !
- arreterlaspcaroule
- il y a 2 jours
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Ce matin, après une excellente nuit de sommeil bercé par le son des vagues et enveloppé par une température bien fraîche, il était temps de remballer… mais pas tout de suite ! Tout le paysage était plongé dans une brume épaisse, l’extérieur de la tente était trempé et l’humidité s'était frayé un chemin à l’intérieur. Dans ces conditions, la priorité absolue restait un bon café chaud. Il faut savoir garder le sens des priorités ! ☕
Quitte à prendre un café, autant prendre son temps. J’ai profité de ce moment de calme sous un abri pour observer les oiseaux venus grapiller les quelques graines qui traînaient sur le sol, tout en planifiant ma journée. Est enfin venu le temps du paquetage : d’abord l’intérieur de la tente qui a rejoint son sac sur le siège, puis la tente elle-même, qui avait presque fini de sécher. Une fois la moto chargée, mon déjeuner s'est résumé à quelques noix. Pour être honnête, j'avais la flemme monumentale de fouiller dans mes valises pour préparer autre chose !

C’est ainsi que je me suis élancé. Première étape cruciale : ne pas me planter dans la gravelle en rejoignant la route. Objectif réussi !
Cap ensuite vers Halifax. La route s'est faite sans histoire. Là encore, je longeais la côte, mais sans jamais y être collé, et toujours sans le moindre espace sécuritaire pour s'arrêter et prendre des photos. C’est désormais une habitude, d’autant plus qu’avec la circulation constante, j'avais toujours un véhicule derrière moi. Impossible de s'immobiliser en plein milieu de la chaussée. Par contre, je dois lever mon chapeau aux conducteurs d'ici : les limitations de vitesse et les distances de sécurité sont scrupuleusement respectées. C’est vraiment appréciable et sécurisant.
Arrivé à la hauteur de Dartmouth et d'Halifax — et honnêtement, bonne chance pour savoir où commence l'une et où finit l'autre ! —, j’ai eu l’impression de me retrouver en plein cœur de Montréal : des cônes orange et des chantiers en masse ! Circuler y était laborieux. Certaines rues abruptes m'ont rappelé la côte King à Sherbrooke. Je vous confirme que de devoir effectuer un départ en pente à cet endroit, tout en négociant un virage à 120 degrés pour attraper la rue suivante avec une moto chargée, c’est tout un exercice de pilotage ! En gros, traverser la ville a été un méchant contrat.
Une fois la zone urbaine franchie, j’ai immédiatement mis le cap vers la côte. Pourquoi choisir de longue route droite complètement boring quand on peut s'amuser ? Mon objectif de l'après-midi était Peggy’s Cove, pour admirer le phare le plus photographié du Canada. À ma grande surprise, il y avait un monde absolument fou. On aurait dit un véritable lieu de pèlerinage ! Trouver une place pour garer la moto dans les espaces aménagés s'est avéré être un casse-tête chinois, d'autant qu'aucun véhicule ne peut se garer en dehors des zones balisées. J’ai fini par m'improviser un stationnement bien à moi ! Le phare est magnifique, posé sur d’immenses blocs de rochers ronds qui lui donnent un cachet unique. Cependant, avec la chaleur ambiante et mon équipement, je n'ai pas pushed l'audace jusqu'à jouer du coude au milieu de la foule.
La route pour s’y rendre offre des paysages à couper le souffle : des baies parsemées de petites îles sauvages et des bateaux de pêcheurs ancrés au loin. C'était tout simplement splendide. Quant à la route qui repart vers le nord, elle est un pur chef-d'œuvre pour les motards, mais ô combien technique ! Entre les virages serrés, les courbes en épingle et les successions de montées et de descentes abruptes, garder les yeux fixés sur la trajectoire demandait une concentration de tous les instants. Le panneau affichant une limite de 50 km/h semblait déjà un défi en soi… alors j’ai éclaté de rire en voyant surgir une pancarte à 80 km/h ! Si l’on est du coin et qu'on connaît le tracé par cœur, c'est une autre histoire. Cela m’a rappelé l'époque où je roulais à des vitesses inavouables sur les petites routes de France que je connaissais par cœur.
Puis, la pluie s'est invitée au voyage. J’ai fermé toutes les ventilations de mes vêtements de moto, fait le plein d'essence et redoublé de prudence. J’ai dû amputer une infime portion du trajet initial, mais j’ai refusé de couper la route côtière. Je me suis sérieusement posé la question, car sous l'averse, ce genre de tracé sinueux peut vite devenir « touché ».
Le jeu en valait toutefois la chandelle. Même s'il était impossible de s'arrêter pour immortaliser les paysages, toutes ces images sont désormais gravées dans ma mémoire, et c’est bien là le plus important. J’ai tout de même réussi une petite halte salvatrice au pied d’une église pour tenter de vous capturer un bout de décor. J’ai fait du mieux que j'ai pu ! 😉
Au total, cette journée représente 376 km pour 6 h 13 de conduite. Ma vitesse moyenne s'est élevée à 58 km/h, preuve irréfutable que ça tournait en masse !
Je suis finalement arrivé à destination à Shelburne, où je vais pouvoir dormir directement sur le quai, les pieds dans l'eau ! Je loge au Albert's Inn, un charmant petit établissement familial. La propriétaire et sa fille m'ont accueilli à bras ouverts. Nous avions échangé par courriel le midi (là où il y avait du réseau fonctionnel, près du phare, vous vous souvenez ?) pour m'avertir qu'elle courrait chercher sa fille et que je risquais d'attendre un peu. C'est le genre d'endroit tellement chaleureux, où la propriétaire se montre d'une disponibilité absolue pour répondre à la moindre question ou au moindre besoin. Ça donne vraiment envie de poser ses valises pour de bon. La ville est absolument magnifique, et cette fois, j’ai des photos à vous montrer !
Pour couronner cette belle journée, je ne pouvais pas passer à côté des produits de la mer locaux. Je m'offre ce soir un délicieux repas 7 services au Charlotte Lane Café, situé sur la rue… Charlotte Lane (concept non ?). Les plats y sont juste délicieux, et le service est impeccable, assuré par des hôtesses vraiment très gentilles. Une adresse parfaite !
Pourquoi ce voyage ?
Au-delà du plaisir des yeux et du défi de pilotage, chaque kilomètre parcouru au guidon de mon Africa Twin est dédié à une cause qui me tient profondément à cœur : la lutte contre la sclérose en plaques. La SP est une maladie auto-immune chronique qui s'attaque au système nerveux central. Elle perturbe les signaux envoyés par le cerveau au reste du corps, ce qui peut causer une grande fatigue, des troubles de l'équilibre, de la douleur ou des difficultés motrices. C’est une maladie imprévisible, qui frappe souvent de jeunes adultes, et le Canada affiche l'un des taux les plus élevés au monde.
En roulant à travers les provinces, mon but est de sensibiliser le public et d'amasser des fonds pour soutenir la recherche et offrir de meilleurs services aux personnes touchées. Chaque don que vous faites donne un sens encore plus grand à mes coups de gaz, surtout sous la pluie et la chaleur !
Merci à tous pour votre incroyable solidarité. À demain !













































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