Jour 5 : Réveil forcé, frissons au Cap Fourchu et sueurs froides en béquillant !
- arreterlaspcaroule
- il y a 6 minutes
- 5 min de lecture
J’avais initialement décidé de m’accorder une grasse matinée jusqu'à 6 h 30 ce matin. C'était sans compter sur le résident de la chambre voisine, qui s'est levé avec enthousiasme vers 4 h 30 ou 5 h... Résultat des courses : à 6 h pile, j’étais déjà debout, propre et un café fumant à la main ! Le savon de l'auberge sentait tellement bon qu'il était hors de question de retourner me coucher après ma douche. De toute façon, après seulement 5 h 30 de sommeil, ce petit coup de fouet était le bienvenu. La nuit a été particulièrement agréable, infiniment plus confortable que sur mon matelas de camping ! Après avoir avalé quelques biscuits — oui, oui, il y avait des biscuits à disposition, le bonheur ! —, j’ai pris le départ vers 7 h 30. C’est tout de même nettement plus rapide quand il n'y a pas de tente à replier.

Je me suis élancé en pleine brume, le lot quotidien quand on dort sur le littoral. L’avantage, c’est qu'il faisait beaucoup moins chaud pour rouler. Comme je devais impérativement respecter un horaire précis pour attraper mon traversier plus tard, j'ai planifié un tracé avec un tout petit peu moins de routes côtières. Vraiment juste un peu moins, afin de me garder suffisamment de temps pour les visites.
Pour changer un peu les habitudes, mon tout premier objectif de la journée était... un phare ! Je sais que vous êtes profondément surpris. Après une brève portion de voie express — qui n’a d'ailleurs rien à voir avec nos autoroutes du Québec, disons que c'est pas mal mieux entretenu ! —, j’ai rapidement renoué avec les petites routes sinueuses où toute notion de vitesse est impossible. De toute façon, je suis en mode touriste. La combinaison de la lenteur, de la brume et de cette bonne odeur iodée me convenait à la perfection. En roulant si tôt, la chaussée était déseres. Je ne croisais que de rares riverains et quelques personnes se rendant au travail.
Je progressais ainsi sur cette route suspendue entre terre et mer quand j'ai aperçu une halte aménagée avec des bancs, tables et des panneaux explicatifs, le tout donnant sur un bout de baie. Juste un bout, car le reste était totalement noyé dans le coton de la brume ambiante. J’en ai profité pour lire l’histoire des fondateurs de la ville tout en déjeunant mon habituel assortiment de noix. Pendant ma pause, un monsieur s’est arrêté pour montrer ma moto à son petit garçon. J'ai un peu l'impression d'être une véritable attraction locale avec mon setup !
Après ce bref arrêt, j'ai repris les commandes pour un petit 10 ou 12 kilomètres afin d'atteindre enfin le phare du Cap Fourchu. L'endroit est chargé d'histoire (je vous partagerai les photos des plaques explicatives) : les naufrages y ont été particulièrement nombreux et violents, et Samuel de Champlain lui-même s’y est blessé en tombant ! Sur l'une de mes photos, vous pourrez voir un léger banc de brume qui s'accroche obstinément au sommet de la structure. Ce qui est formidable, c'est que les panneaux historiques sont disposés tout autour du site, ce qui offre une superbe balade 😄. J'y ai passé environ 45 minutes à une heure, le timing serré du ferry oblige. J'ai ensuite repris la route, qui épousait de nouveau les contours de la côte.
En repassant devant la halte de mon premier arrêt, je me suis arrêté un instant pour reprendre une photo, maintenant que la brume s'était dissipée. Et devinez quoi ? Il y avait un petit phare caché là que je n'avais même pas vu plus tôt !

Mes yeux n'ont cessé de faire l'aller-retour entre la route et l'océan jusqu'à ce que j'atteigne la célèbre baie de Fundy. Une fois de plus, les occasions de s'arrêter pour prendre des photos se faisaient rares. Puis, soudain, j'aperçois les bateaux de pêcheurs qui reposent directement sur le sol, au fond du port à marée basse. Un collègue m'avait demandé une photo de ce phénomène, et j'en voulais une moi aussi. Personne derrière moi, un espace « jouable » juste à côté d'une petite boutique... je serre les freins et je vais me garer. Le terrain SEMBLE plat. Je déploie la béquille latérale, je commence à faire reposer le poids de la moto dessus, sauf que... le sol ne vient pas. La moto penche, penche, penche encore... Je suis en train de l'échapper !
Hop ! Réflexe de survie, on redresse ! Mais alors, on redresse fort ! Je vous confirme que retenir et remonter 300 kilos de métal lancés sur le chemin de la culbute, ça ne se fait pas tout seul. Comme le moteur tournait encore et que je forçais comme un damné pour la retenir, ma main a donné un grand coup de gaz involontaire, faisant rugir le moteur de l'Africa Twin dans toute la baie ! Passé ce grand moment de solitude et d'adrénaline, je suis sagement allé me stationner un peu plus loin devant la boutique. 🤣🤣 Le jeu en valait la chandelle, regardez-moi ce spectacle :

Ah oui, juste avant cette petite frousse, je m'étais arrêté pour admirer l’Église Sainte-Marie, qui est la plus grande église en bois d’Amérique du Nord. Elle est malheureusement dans un piteux état. Les locaux se démènent pour trouver des fonds afin de la restaurer, mais le patrimoine historique souffre énormément face à l’explosion généralisée du coût des matériaux et de la construction.
De retour sur le bitume, j’ai dépassé Digby — là où m'attend mon traversier — pour pousser jusqu’à Annapolis Royal. C’est ici que se trouve un fort historique qui a été le théâtre d’une rivalité féroce entre la France et l’Angleterre. Il a carrément changé de mains à 7 reprises, passant des Français aux Anglais et vice-versa ! C’est complètement fou. J'ai pris le temps de parcourir le musée grâce au programme « Un Canada fort », qui ouvre gratuitement les portes des installations de Parcs Canada. Même si j'aurais payé mon billet d'entrée avec plaisir, je trouve que cet accès libre à notre histoire et à la culture du pays pour tous est une excellente action du gouvernement. J’y ai passé plus d'une heure et demie à explorer le fort, admirer les paysages et lire les informations historiques. Et il faisait chaud ! Mais bon, nous sommes au Canada, la confiance règne : j'ai simplement laissé ma veste, mon casque et mes gants sur la moto avant de partir gambader avec mon sac à dos (ma réserve d'eau), mon pantalon de protection et mes bottes. Croyez-moi, par 30 degrés, c'est plus qu'assez pour transpirer !

Je vous laisse admirer la beauté du site :
J’ai également pris le temps de relaxer un moment sur le quai de la Reine pour absorber l'atmosphère unique de l'endroit.

Pour la petite anecdote technique, mon contacteur principal — qui fait actuellement l'objet d'un rappel constructeur — commence à donner quelques signes de faiblesse. Lorsque je passe de l'affichage classique Honda (vitesse, régime...) à l'écran Apple CarPlay pour consulter Google Maps, le système coupe tout simplement le moteur ! Charmant petit bogue électronique. Heureusement, la machine me l'a fait deux fois de suite alors que j'étais sagement arrêté à une station pour faire le plein sur le chemin du retour. Pas de mauvaise surprise en roulant depuis, le bogue est resté bien tranquille.
La fin de la journée est plus classique : j'ai repris la moto, fait le chemin inverse en direction de Digby, puis j'ai grimpé jusqu'au terminal du traversier. C’est d'ici, confortablement installé, que je vous rédige ces lignes en attendant l'embarquement. :)

Merci à tout le monde pour votre soutien, vos partages et vos dons pour la recherche sur la sclérose en plaques. On continue de rouler ensemble !

















































































Commentaires